1ère époque de la caricature, le 16è siècle

(en cours de rédaction)

1ère époque:

Préhistoire de la caricature: La transformation de l’homme en animal est un thème que l’on observe sur un graffiti (graffito) au 3è siècle (images). 

L’estampe moderne.

L’estampe est partisane, l’exagération est sa seconde nature. Son argument est l’accumulation et la synthèse, donnant à la scène une extraordinaire densité. L’imagerie médiévale exaltait les vertus des chevaliers, des rois, il s’agit désormais de ramener les événements aux dimensions du quotidien, par les travers disgracieux ou tragique. À l’origine la connotation est religieuse, moralisatrice, cela permet de charger un caractère, l’homme au regard fixe comme un poisson sera froid et taciturne, etc..

Renaissance, imprimerie, reproduction, multiplication de l’image, diffusion progressive.

Dürer est le père de l’estampe moderne. Il simplifie le trait, et dans la technique, remplace le bois par le métal. Nouvelle clientèle, la bourgeoisie.

1280-1480: guerre, épidémie, famine. l’inefficacité des remèdes condamnait les maitres, c’est l’émergences d’idées révolutionnaires. Guerre de cent ans, la ruse prend le pas sur la bravoure, l’archer sur le fantassin. Émergence du paysan dans l’imagerie, rustre mais affirmé, individu qui n’est pas noyé par la masse. Plus seulement scène de travail, mais jeux, repas, loisirs. Première révoltes paysanne en Allemagne: Bunschuh dans la forêt noire, et soulèvement du Pauvre Conrad dans le Wurtemberg. Ainsi 3 anciens disciples de Dürer ont droit à un procès à Nuremberg pour leur représentation des paysans: au delà de l’impiété on leur reproche d’avoir colporté “qu’on ne devait plus travailler, qu’il fallait partager tous les biens, et qu’ils méprisaient les autorités temporelles”. Dürer lui même se range du côté des paysans, après l’échec de la guerre des paysans en 1525, sous couvert d’une description de la construction d’une colonne dans son manuel de dessin et d’architecture, le monument qu’il décrit ne parle en fait pas de la victoire des nobles, mais du martyr du paysan frappé dans le dos.

Pendant ce temps, le livre contribue à accroitre et accélérer la connaissance au sein d’une caste de privilégiés. Ainsi né le type social de intellectuelle. L’image elle rend justice aux humbles, montrant par exemple des paysans pendant un marchand d’indulgence, l’estampe est le bréviaire de la revanche imaginaire des pauvres.

Etienne de Silhouette, contrôleur général des finances est brocardé à la cour du roi, on le dessine sur les vitres… L’homme est réduit à un fil, libérant un peu plus l’estampe de ses contraintes.

Au 15è siècle le réalisme expressif ne peut saisir le laid comme antithèse du beau, il faudra attendre la renaissance et la recherche d’idéal de beauté, basé sur le beau antique. La caricature est liée à l’évolution de l’art du portrait (De Vinci, Michel Ange, étude de la laideur, p33).

Les buts, les moyens, les méthodes et les techniques ont guidé les choix et les styles du langage graphique politique.

Les premières estampes sont fabriquées par des maîtres artisans habitués à travailler l’orfèvrerie, les miniatures, enluminures, pour des églises, des monuments, tombeaux, des arts destinés à une minorité aisée et cultivée. L’estampe ne dévira pas tout de suite de cette vision élitiste. L’estampe se vend cher, à des bourgeois qui ont tournés à leur profit tous les mouvements sociaux des 2 derniers siècles. Avant ça, les peintures murales et sculptures des églises étaient le point d’appui d’un enseignement populaire. L’imprimé a renforcé la dictature de l’intelligence. L’art populaire est dès lors considéré comme fuste et maladroit, et on badigeonne les murs des églises romanes. L’estampe politique est réservée aux catégories dominantes, elle ne prend un côté populaire que lorsqu’il est besoin de mobiliser la masse au service d’une faction. Les limites de sa critique sont très étroite, jamais de plaidoirie pour le renversement ou le bouleversement des hiérarchies sociales.

Aux débuts de l’estampes, les artistes qui font tous partie de la bourgeoisie, à l’image des artisans, qui font eux partie d’une gilde. L’imagier d’estampe est considéré un tâcheron, condition de vie difficile, art non reconnu à cause du procédé mécanique, de la reproduction. L’Artiste à la renaissance entre dans la dépendance des “grands” de ce monde: mécénat royal, princier, pontifical ou épiscopale. Cette évolution accentue la critique sociale, la contestation, les accusations. Cela libère aussi l’estampe de la servilité à l’égard du réel.

Les estampes se diffuse grâce aux vendeurs de feuilles volantes 1588, simple image, puis 1631, dessin ET texte, page d’information, 1789, le crieur de journaux.

La diffusion est faible au 16è siècle, au mieux quelques centaines d’exemplaires, destinés aux minorités qui décident. Ce n’est pas un langage populaire, mais un langage codé débordant de symboles pour les initiés. Ce langage plein de symbole permet aussi d’échapper à la censure. Mais jusqu’à 1789 l’estampe politique accepte les règles du jeu mondain, il y a plus d’amusement que d’agressivité, la censure de toutes façons réprimait durement tout dépassement.

Moines, prelats et papes sont les cibles de la littérature satyrique, non pas la croyance, mais le luxe, les indulgences, mais les estampes sont bienveillantes avec les bons rois, chefs valeureux, ministres intégrés.

 

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